OMEGA-3, les Recherches:
Polyarthrite rhumatoïde. Plusieurs essais cliniques
regroupant plus de 500 personnes ont permis de conclure qu'une supplémentation
en huile de poisson aide à soulager les symptômes de cette
affection sans toutefois en empêcher la progression. Dans un éditorial
paru en 2000, deux spécialistes australiens en rhumatologie recommandaient
même clairement que les huiles de poisson fassent partie du traitement
standard de cette affection.
Plusieurs études épidémiologiques
ont fait un lien inverse entre la consommation de poisson et d'acides
gras oméga-3 et l'incidence des maladies coronariennes chez
les hommes, et une étude de cohorte portant sur près
de 85 000 infirmières américaines a récemment
confirmé la même association chez les femmes (Nurses'
Health Study).
Au cours d'une étude menée en Inde,
une dose quotidienne a donné des résultats bénéfiques
significatifs chez des patients ayant eu un infarctus. Ces résultats
ont été confirmés par une étude italienne
de très grande envergure, publiée en 1999, et au cours
de laquelle on a suivi durant de trois à cinq ans 11 324 patients
ayant survécu à un infarctus du myocarde. Les sujets
ont été divisés en quatre groupes et prenaient
chaque jour soit 1 g d'acides gras oméga-3 (580 mg d'EPA et
290 mg de DHA), soit 300 mg de vitamine E, soit les deux, soit un
placebo. Les acides gras oméga-3 ont significativement réduit
les décès, les rechutes d'infarctus et les crises cardiaques.
Les chercheurs ont poussé plus loin leur analyse et ont observé
que les effets positifs des oméga-3 commencent à se
manifester trois mois après le début de la supplémentation.
Ils ont aussi conclu que ces effets étaient attribuables à
l'action protectrice des oméga-3 contre l'arythmie cardiaque,
une hypothèse que d'autres avaient déjà émise.
Une méta-analyse publiée en 2002 et
regroupant les résultats de 11 études (15 806 sujets,
excluant ceux de la recherche italienne mentionnée ci-dessus)
a confirmé que, chez les personnes atteintes de maladies coronariennes,
la consommation d'oméga-3 sous forme alimentaire ou sous forme
de suppléments réduisait les décès en
général, les décès attribuables aux infarctus
du myocarde et les morts subites.
Selon de nombreuses études, la consommation
d'huile de poisson (omega-3) peut faire diminuer les taux de triglycérides
sanguins de 30 % à 50 %, notamment chez les personnes atteintes
de diabète de type 224. Une étude britannique parue
en 2002 a porté sur 59 patients souffrant de maladie coronarienne
et dont la médication (simvastatine) n'abaissait pas les taux
de triglycérides sanguins : les sujets ayant pris 2 g par jour
d'un concentré d'huile de poisson durant 24 semaines ont vu
leurs taux de lipides sanguins baisser significativement par rapport
à ceux du groupe placebo.
Bien que certaines études n'aient pas conclu
à un effet hypotenseur des huiles de poisson, l'ensemble des
données démontre que la consommation quotidienne d'environ
4 g d'huile de poisson peut réduire modérément
la tension artérielle, particulièrement celle des sujets
hypertendus et celle des personnes de plus de 45 ans.
Revascularisation. Une synthèse parue en 2001
indique que la prise d'oméga-3 favorise la revascularisation
après une transplantation cardiaque ou un pontage coronarien.
Les données sont cependant contradictoires en ce qui concerne
la resténose après une angioplastie coronarienne transluminale
percutanée.
Mucoviscidose (fibrose kystique). Une synthèse
récente des études portant sur l'effet des oméga-3
sur cette maladie a conclu qu'une supplémentation régulière
en huile de poisson pouvait apporter certains bénéfices,
mais que les preuves étaient insuffisantes pour en arriver
à des conclusions fermes.
Lupus. Des recherches préliminaires semblent
indiquer que les huiles de poisson pourraient aussi aider dans les
cas de lupus, une maladie apparentée à la polyarthrite
rhumatoïde. Cependant, ils ne semblent pas efficaces dans les
cas de glomérulonéphrite liée au lupus.
Problèmes bipolaires (maniaco-dépression).
Une étude de quatre mois portant sur 30 sujets souffrant de
maniaco-dépression indique que ceux qui prenaient de l'huile
de poisson avaient vu leurs rechutes diminuer et leur état
émotionnel s'améliorer de façon significative
par rapport aux patients ayant reçu un placebo.
Douleurs menstruelles. Une petite enquête épidémiologique
effectuée au Danemark relie une haute consommation d'huile
de poisson à des douleurs menstruelles moindres.Les résultats
d'une petite étude clinique croisée avec placebo suggèrent
qu'une supplémentation en huile de poisson pourrait soulager
les douleurs menstruelles.
Asthme. Bien que des études épidémiologiques
permettent d'établir un lien inverse entre la consommation
d'huiles de poisson et l'incidence de l'asthme, et que les experts
s'entendent généralement pour dire que la consommation
d'oméga-3 ne comporte pas de risques pour la santé,
les autorités médicales estiment ne pas disposer de
preuves cliniques suffisantes pour recommander aux personnes asthmatiques
d'en consommer davantage.
Colite ulcéreuse et maladie de Crohn. Les résultats
des rares essais cliniques sont leplus souvent négatifs, sauf
dans le cas de la colite ulcéreuse, dont les symptômes
pourraient être légèrement atténués
par la prise d'huile de poisson.
Psoriasis. Une recherche préliminaire publiée
en 1988 indiquait que les huiles de poisson pouvaient soulager les
patients souffrant de cette affection cutanée.8 Depuis, de
petites études ont suggéré que les acides gras
oméga-3 administrés par intraveineuse pouvaient soulager
rapidement les personnes atteintes.
Ostéoporose. Des études préliminaires
indiquent qu'un apport alimentaire équilibré en oméga-3
et en oméga-6 peut avoir un effet bénéfique sur
la densité osseuse.
Cancer du sein. Des essais in vitro ainsi que d'autres
menées sur des souris suggèrent que les oméga-3
(DHA et EPA) inhibent le développement du cancer du sein. Bien
qu'il soit nécessaire d'effectuer des études sur les
humains avant de démontrer l'efficacité de cette intervention,
certains chercheurs suggèrent aux femmes de plus de 40 ans
à risque de développer un cancer du sein de consommer
des huiles de poisson.